Projet FIL’EAU : Conversion d’un réseau gravitaire en réseau sous pression - acteurs, perceptions, scénarios pour l’eau économisée
Avignon, 84000
Stage
01/03/2027- 13/08/2027
4.5€
Description
Naturalia Environnement est un bureau d’études, de conseils et d’expertises en ingénierie écologique, qui inscrit son action dans l’écosystème au service du Vivant de la marque Alkïos.
Notre mission : Fournir à nos clients des solutions concrètes pour intégrer la biodiversité dans leurs projets, agissant ainsi contre l'érosion de la biodiversité et les changements climatiques.
Face au changement climatique, aux objectifs d’économie d’eau et pour répondre aux attentes du monde agricole qui souhaite accéder à une irrigation de précision aux gouttes à goutes ou à l’aspersion, de nombreux réseaux gravitaires historiques du sud-est de la France sont convertis en réseaux sous pression. Ces canaux ne sont pas de simples infrastructures agricoles : ils portent des usages multiples (agricoles ; jardins et usages privés liés au droit d’eau, paysage et patrimoine, tourisme et loisirs). Ils constituent également des habitats singuliers à fort intérêt écologique (réservoir ; corridors écologiques, etc.), et participent également aux recharges de nappe par infiltration. La littérature montre que leur disparition, ou leur conversion vers un réseau sous pression, peut reconfigurer les territoires tant sur leur dimension éco-paysagère que dans les rapports entre acteurs, pouvant produire à des endroits un sentiment de dépossession et ailleurs des attentes de nouveaux débits mobilisables. Enfin, il peut également avoir pour effet une diminution très importante voire un arrêt de certaines externalités positives rarement rémunérées ni quantifiées, qui ont contribué à constituer le territoire tel qu’il est actuellement.
La mise en pression s’accompagne le plus souvent d’une obligation de restituer aux milieux naturels une partie des économies d’eau faites grâce à la modernisation des réseaux. La quantité de ces restitutions ainsi que leurs localisations restent à arbitrer. Cet arbitrage doit être basé sur des informations rationnelles (technique, social et politique) et pose de fait la question d’une collège décisionnaire (commission dédiée) et des données dont elles disposent pour assurer une prise de décision éclairée. Les méthodes pour composer et informer de manière pertinente un tel collège restent à consolider.
Structures d’accueil
NATURALIA Environnement - Pôle Recherche – Développement – Innovation (Avignon)
Structures co-encadrantes
INRAE – UMR 1458 G-EAU (Montpellier)
ASA du Canal de Carpentras
Le stage s’inscrit en préambule d’un programme de recherche – actions visant à 1) produire des scenarios prédictifs d’évolution du territoire sur la base de l’analyse des perceptions des usagers et des enjeux identifiés ; 2) identifier les pistes d’amélioration dans le processus de gouvernance pour l’établissement des règles de restitution dans le milieu naturel des débits réservés.
Les objectifs associés au stage consistent à :
Produire une cartographie raisonnée des acteurs, usages et enjeux d’un territoire concerné par un cas d’étude (Vaucluse – plaine du Rhône) ;
Analyser les perceptions, attachements et positionnements des usagers face aux enjeux liés à la conversion ;
Recenser les éventuels bénéfices et co-bénéfices, nouveaux et menacés liés à la restitution des économies d’eau réalisées
Missions
Démarche et missions
Phase 1 : Cadrage et diagnostic (mois 1-2)
Revue de littérature ciblée : travaux sur l’irrigation gravitaire et sa modernisation, gestion collaborative et rétribution des externalités, services écosystémiques et/ou Nature’s contribution to people (NCP), réglementation des débits réservés.
Analyse documentaire du projet : dossier technique, études d’impact, plans du réseau, statuts de l’association gestionnaire, historique des droits d’eau.
Diagnostic rapide du réseau et de son service (inspiré des méthodes de diagnostic rapide d’irrigation, type RAP) : fonctionnement, pratiques de distribution, évolution des usages.
Phase 2 : Cartographie des acteurs et des usages (mois 2-3)
Typologie des usagers et des parties prenantes (agriculture, paysage, tourisme, usages privés, biodiversité, institutions, élus, gestionnaires).
Analyse des relations, des pouvoirs d’influence et des positions par une méthode d’analyse de réseaux d’acteurs (cartographie participative de type Net-Map ou analyse des parties prenantes), complétée par une lecture institutionnelle (cadre IAD d’Ostrom[1] : règles, droits, arrangements collectifs).
Spatialisation des usages et des acteurs à l’échelle des tronçons.
Phase 3 : Enquêtes de terrain et recensement des bénéfices et co-bénéfices de la restitution des économies d’eau réalisées (mois 3-4)
Entretiens semi-directifs (échantillon raisonné issu de la cartographie de la phase 2, nombre d’entretiens à définir) et observations de terrain, avec protocole éthique (consentement, anonymisation, RGPD), comportant un volet dédié aux bénéfices et co-bénéfices attendus ou redoutés de la restitution de débits réservés selon les tronçons (écologie, recharge de nappe, paysage et patrimoine, tourisme, cadre de vie,…).
Analyse qualitative (codage thématique) des attachements, craintes, attentes et représentations du changement, avec attention aux dimensions de patrimoine et de perte d’accès, et recensement des bénéfices et co-bénéfices sous forme d’une matrice tronçons × bénéfices × bénéficiaires, mettant en évidence les synergies, les conflits d’usage et la répartition des coûts et des bénéfices entre acteurs, en lien avec les données hydrologiques et écologiques fournies par l’équipe.
Phase 4 : Restitution et valorisation (mois 5 et 6).
Atelier de restitution avec les acteurs du territoire et les partenaires du projet.
Rapport de stage, synthèse cartographique des acteurs, fiche-outil méthodologique (guide de questionnement et de hiérarchisation) mobilisable dans le cadre de la poursuite du programme.
Webinaire de restitution aux parties prenantes enquêtées.
Résultats attendus
Base de données et cartographie des acteurs, usages et enjeux.
Synthèse des perceptions par type d’usager.
Recensement des bénéficies et co-bénéfices associés aux débits réservés
[1] Ostrom, E. (2011). “Background on the Institutional Analysis and Development Framework.” Policy Studies Journal, 39(1), 7–27. https://doi.org/10.1111/j.1541-0072.2010.00394.x)
Profil
Socle
Formation de M2 en sciences de l’environnement, géographie, aménagement, sociologie ou science politique de l’environnement, agronomie ou ingénierie de l’eau.
Maîtrise des méthodes qualitatives (entretiens, analyse thématique) et connaissance de l’analyse des parties prenantes.
Rédaction scientifique et capacité de synthèse.
Compétences transversales
Goût pour l’interdisciplinarité : dialoguer avec hydrologues, écologues, économistes.
Posture d’enquêteur neutre face à des intérêts divergents.
Autonomie et capacité à organiser un terrain, à animer un atelier.
Atouts
Notions d’hydrologie ou d’écologie des milieux aquatiques.
Connaissance de la gouvernance de l’eau en France (ASA, agences de l’eau, SAGE).
Expérience en concertation, modélisation d’accompagnement ou jeux sérieux.
Permis B.
